Garage&co

Hardtech, Changemaker

H4 Lab : la colonne vertébrale des robots humanoïdes

Les robots humanoïdes prennent de plus en plus de place dans le monde du hardtech. Par contre, sous le succès du produit, il y a une technologie bien simple qui permet à un bras, à une jambe ou à une main de dialoguer avec le reste du robot, C’est dans cet espace discret, entre les capteurs et le cerveau des robots humanoïdes, que H4 Lab a choisi de s’installer.

29 octobre 2026 · 5 min de lecture

H4 Lab : la colonne vertébrale des robots humanoïdes

Les débuts : un produit sans marché par une équipe dispersée

Les premières étapes de H4 Lab se passent dans un laboratoire de l’ÉTS spécialisé en commande et en robotique. Les trois cofondateurs, Jean-Baptiste, Chandra et Alexis, incorporent la compagnie en 2018 avec une attitude entrepreneuriale qui détonne des autres étudiants de l’université.

Puis la vie reprend ses droits. Pendant cinq ans, les trois cofondateurs suivent chacun leur chemin : Jean-Baptiste termine son doctorat et part faire un postdoc en Chine, Chandra poursuit le sien, et Alexis retourne à la robotique dans un institut de recherche en Floride.

C’est Alexis qui fait mûrir le potentiel commercial de l’entreprise. Il travaille directement sur des robots humanoïdes, un secteur dont l’institut est un pionnier, et y développe une expertise de plus en plus pointue. C’est là qu’il constate un besoin criant du côté de l’électronique.

À son retour au Canada, pour des raisons personnelles, comme l'incorporation est déjà faite, il peut ainsi avancer sur le produit alors que personne n’attend H4 Lab. Et grâce à ce qu’il a vu en Floride, il sait qu’aucune demande formelle n’existe encore sur le marché. Les deux autres cofondateurs le rejoignent, et l’équipe se lance à plein pour les prochaines étapes.

Une carte PCB, comme une colonne vertébrale pour les robots

Le déclic vient d’un premier client qui achète une première carte PCB. Ce geste confirme ce que l’équipe soupçonnait : le besoin est bien réel.

Pour comprendre ce que H4 Lab propose, il faut imaginer l’intérieur d’un robot humanoïde. 

Chaque bras et chaque jambe est truffé de capteurs : des capteurs proprioceptifs, qui mesurent l’état interne du robot (gyroscopes, accéléromètres), et des capteurs extéroceptifs, qui captent l’environnement externe. Toute cette information doit converger vers un point précis. La carte de communication de H4 Lab se loge dans le robot pour rassembler ce flux de données et l’acheminer, un peu comme le fait une colonne vertébrale.

Le cahier des charges est exigeant. Il faut un retour en temps réel, malgré un très grand volume de données à traiter, en s’appuyant sur un protocole de communication issu des chaînes de montage industrielles, le tout dans un format toujours plus compact, grâce à l’évolution des semi-conducteurs. 

Jusqu’à tout récemment, il était impossible de réunir ces quatre conditions sur une seule carte. C’est ce qui a ouvert à H4 Lab la possibilité d’être le premier à offrir un produit aussi sophistiqué sur le marché.

Un produit de niche, appuyé par un service

Sans demande formelle, le défi restait de créer soi-même la preuve du besoin, une fois la première carte vendue. C’est pourquoi H4 Lab ne vend pas seulement sa carte : l’équipe offre aussi un service de conception pour ses clients, surtout des manufacturiers de robots humanoïdes. Ceux-ci n’ont pas à développer leur propre modèle de carte et peuvent se concentrer sur leurs autres défis.

Ce marché compte deux types de constructeurs. D’un côté, les grands noms comme Figure, Boston Dynamics et Agility. De l’autre, un univers qui rappelle le secteur automobile et ses équipementiers (OEM), avec des cycles de vie rapides, auxquels la carte doit pouvoir s’adapter.

Pour l’instant, les ventes se font presque uniquement par le réseau : la plupart viennent de personnes qui connaissent Alexis depuis son passage dans l’industrie. Sa réputation est un actif essentiel, et H4 Lab ne fait presque pas de marketing.

Une production à l’étranger tout en étant enraciné au Québec

Produire une carte PCB coûte plus cher au Québec, mais elle choisit de rester pour tout ce qui permet à l’entreprise de se propulser.

L’équipe conçoit donc ses produits ici, puis les fait fabriquer en Chine ou au Canada afin de répartir les risques. Mais l’objectif à long terme est clair : H4 Lab veut bâtir à l’interne les mêmes processus de conception que ses clients, et se donner la capacité de tout rapatrier, c’est-à-dire de produire elle-même au Québec le moment venu.

Rester ici est un choix assumé, et il repose sur trois raisons.

La première, c’est l’écosystème. Montréal et le Canada excellent en IA et en robotique, notamment grâce à leur bassin de talents. Pour une entreprise qui vit de son expertise, avoir accès à ce monde-là compte beaucoup.

La deuxième, c’est la proximité des États-Unis, où se trouve une bonne partie de la clientèle. De ce côté-ci de la frontière, le soutien en robotique coûte moins cher qu’à San Francisco, et l’équipe reste assez proche de ses clients pour s’intégrer à leurs projets. 

La troisième, c’est le financement. Plusieurs incitatifs en R&D permettent de récupérer une partie des salaires, ce qui change l’équation pour une jeune entreprise qui construit encore son produit.

Les trois cofondateurs travaillent de pair sur le projet, et c’est ici qu’ils se sont retrouvés après cinq ans de chemins séparés.

Pourquoi H4 Lab est un changemaker

H4 Lab a bâti la pièce que personne ne regarde, mais dont tous les humanoïdes ont besoin. Quand on voit un robot marcher, on pense aux moteurs, à l’IA, à la démo. Personne ne pense à la carte qui fait circuler l’information entre un bras et le cerveau. C’est pourtant là que tout se joue.

Ce qui distingue l’équipe, c’est aussi sa façon de s’y prendre. Au lieu de partir d’une prédiction de marché, elle est partie d’une preuve de besoin : un premier client qui achète une première carte. Elle a ensuite complété la carte avec un vrai service de conception, appuyé sur une expertise pointue de la robotique humanoïde, pour des clients qui veulent se concentrer sur leurs propres défis.

Et elle l’a fait en s’appuyant sur ce qu’elle avait, soit la réputation d’Alexis et un réseau bâti dans l’industrie, sans dépenser à outrance dans le marketing.

Ce que Garage&co a fait

Pour une équipe d’ingénieurs qui veut construire son produit, courir après le financement peut vite devenir un deuxième emploi. Le soutien de Garage&co en matière de subventions s’est révélé extrêmement pertinent : savoir quoi aller chercher et comment, sans y perdre un temps considérable. 

Pour une équipe qui a déjà la tête dans la conception des cartes, c’est du temps récupéré pour ce qui compte vraiment.

Au-delà de l’argent, l’accompagnement a aussi permis de régler plus facilement plusieurs problèmes, surtout du côté du financement, de la vente et du développement d’affaires. Ce sont des défis auxquels les équipes techniques sont rarement préparées, surtout quand le réseau personnel de l’un des fondateurs est le seul moteur de vente.

Vos chiffres, avant le contrat

Le diagnostic situe votre entreprise sur huit dimensions, dont le manufacturier et la chaîne d'approvisionnement.

Nous vous répondons le plus vite possible · info@garageincubation.com