Dans bien des organisations, le développement durable vit dans des rapports, des politiques et des indicateurs. Il se mesure et il se documente, mais il ne se voit pas dans les lieux où les gens passent leurs journées.
C'est ce vide que Martine Laforest, fondatrice d'Onuà World, a choisi de combler en ramenant un écosystème vivant directement dans les lieux où les gens travaillent, apprennent, vieillissent et se rassemblent. Son jardin aquaponique intelligent donne aux organisations une façon concrète de montrer leur engagement envers l'environnement : un écosystème qu'on voit, qu'on entretient et qui produit, installé au cœur d'un hall d'hôtel, d'une école ou d'une résidence.
Portrait d'une entrepreneure qui transforme une technique d'agriculture circulaire en un produit prêt à vivre dans nos milieux de vie.
L'aquaponie, une technologie encore difficile à intégrer dans nos milieux de vie
L'aquaponie repose sur un principe circulaire : les poissons produisent les nutriments dont les plantes ont besoin, et les plantes filtrent en retour l'eau qui revient vers les poissons. Ce circuit fermé consomme beaucoup moins d'eau qu'une culture traditionnelle et fait cohabiter, dans un même système, deux formes de vie qui s'équilibrent mutuellement.
Martine a d'abord découvert l'aquaponie par passion, il y a quelques années, en construisant et en opérant ses propres systèmes chez elle. C'est cette pratique quotidienne qui lui a fait voir l'occasion d'affaires.
Les organisations cherchent de plus en plus à recréer un lien avec le vivant et une agriculture de proximité dans leurs espaces, et aucune offre ne leur permettait de le faire simplement. Installer un écosystème aquaponique demande des connaissances en biologie, en plomberie et en entretien que la plupart des organisations n'ont pas.
Le problème n'était donc pas seulement technique. Il touchait aussi à l'ambition : comment aller plus loin qu'un simple bac de fines herbes ou de légumes, et construire une véritable plateforme autour de cet écosystème ?
Ce qu'Onuà World offre aux organisations
Pour un hôtel, une école, un immeuble de bureaux ou une résidence pour aînés, l'engagement environnemental prend souvent la forme de politiques et d'indicateurs : réduction de la consommation d'eau, efficacité énergétique, certifications. Ces gestes comptent, mais ils restent invisibles pour les gens qui fréquentent ces lieux au quotidien.
La proposition d'Onuà World se loge exactement dans cet écart entre l'engagement affiché et l'expérience vécue. Le jardin devient la traduction visible d'un engagement qui, autrement, resterait un chiffre dans un rapport d'activité : les clients d'un hôtel le découvrent dans le hall, les élèves d'une école y récoltent des fines herbes, les résidents d'une résidence pour aînés participent à son entretien.
L'offre dépasse le jardin lui-même. Autour de chaque installation, Onuà World construit des outils numériques (une application mobile pour suivre et gérer les paramètres du système) et des ateliers qui permettent aux gens qui côtoient le jardin de s'y investir concrètement. L'organisation acquiert un écosystème vivant, et elle reçoit en même temps une expérience partagée, qui rassemble une communauté autour d'une même envie de retrouver un contact réel avec le vivant.
Le développement d'un produit vivant
Développer un produit physique est exigeant ; en développer un qui garde en vie des poissons et des plantes dans le hall d'un hôtel l'est encore davantage. Le système doit gérer l'eau, la lumière, l'alimentation et la filtration en continu, rester fiable entre deux visites d'entretien, et demeurer assez simple pour que des gens sans formation en biologie puissent y participer.
Martine a mené ce développement avec méthode. Avant même de construire le produit final, elle a fait développer un rendu 3D suffisamment précis pour vendre trois jardins et confirmer l'intérêt du marché : une validation commerciale obtenue avant d'engager les coûts d'un développement complet. Elle poursuit depuis des discussions avec de grandes organisations disposant de lieux physiques, comme des écoles et des résidences pour aînés.
Au cours de l'été 2026, un jardin a été installé chez Ax.C, à la Place Victoria. Cet environnement réel permet à Onuà World de faire découvrir sa solution, d'observer le fonctionnement du système au quotidien et de raffiner les méthodes d'entretien qui accompagneront les prochains déploiements. Cette étape démontre que le jardin fonctionne, et elle prépare le terrain pour qu'il puisse être installé, entretenu et reproduit à plus grande échelle.
Ce que Garage&co est venu faire
Chez Garage&co, nous accompagnons Onuà World dans le passage du prototype au produit : nous avons travaillé avec Motsai, un partenaire de notre écosystème, au développement du prototype, et l'accompagnement se poursuit sur la structuration de la production en série comme sur le développement d'affaires. Le fait de venir entretenir son jardin chez Ax.C et d'y croiser des membres de l'équipe permet aussi à Martine de briser la solitude entrepreneuriale et de discuter régulièrement de ses enjeux, commerciaux autant que technologiques.
Pourquoi Onuà World est un Changemaker
L'innovation d'Onuà World tient à la capacité de Martine à transformer un écosystème vivant en une plateforme complète : un produit fiable, des outils numériques, des ateliers et des expériences partagées, accessibles aux organisations comme aux individus.
En construisant une communauté autour de chaque jardin, Onuà World propose une façon de penser le développement durable plus loin qu’une politique qu'on mesure, mais comme quelque chose qu'on peut voir, toucher et vivre au quotidien.
C'est cette capacité à rendre concret ce qui restait abstrait, et le travail patient de développement de produit qui la rend possible, qui font d'Onuà World un véritable changemaker de l'agriculture urbaine.